R8 Independenza International (maintenant, mais made in le SUD)

Aux Piliers!!!

Car la R8 a cette mentalité là, celle des pilars, celle de ceux qui osent mettre la tête dedans.

Juste un petit extrait du dico amoureux du Rugby de notre ami toulonnais Herrero qui fit des conférences à l'OFUP!!!

Pilier

Dans la tanière moite des mêlées, ceux qui portent l'édifice sont appelés les piliers, ou « pilars » pour les intimes. Placés à gauche et à droite de la première ligne, offrant leurs larges dos aux mains du talonneur, les deux piliers ont la tête encastrée dans leurs adversaires directs. Le pilier gauche sur l'intervalle extérieur de la mêlée ne pousse qu'avec une seule épaule alors que le pilier droit a lui tout le haut du corps prisonnier. Personne n'est plus au cœur du combat que ces deux frères de mine.
Dans le cou de ces bonshommes hors du commun se concentrent toutes les forces de la mêlée, la poussée de leurs partenaires et celle des adversaires. Plus d'une plaque d'acier sortirait voilée d'une telle compression !

Impossible de jouer pilier sans le physique de l'emploi. Il y a des ailiers énormes, des troisième ligne aile petits et des demis de mêlée hauts sur pattes, mais il n'existe pas de piliers malingres avec un cou de grive. Impossible, et interdit par les lois de la physique ! « S'il y avait des familles entières de piliers, la quinzième génération sortirait probablement avec des oreilles de pierre soudées au crâne, des cous de taureau enfoncés dans d'immenses épaules et des dos d'hercules » disait Jacques Perret. En fin de carrière, les piliers droits devenus avec le temps de véritables monolithes, ont parfois des difficultés à se tourner, comme si leur tête ne pouvait plus se dissocier du corps, comme si le cou et les épaules se confondaient en une masse de muscles noueux.

Mais plus intrigante encore que la morphologie, c'est la psychologie du pilier. Est-il normal de consacrer volontairement sa vie d'athlète à des tâches aussi ingrates, des travaux d'une incommensurable rudesse qui ne seront jamais appréciés que par une minuscule confrérie de gaillards obscurs ? Il faut être humble pour jouer pilier, comme l'est le râblé qui, au cirque, porte sur ses épaules la pyramide d'acrobates qui fait rêver la foule. Le pilier est au service des autres. Sa mission est d'avancer, de tracer les sillons dans lesquels s'engouffreront balle en main les artistes de l'équipe. Dans l'intimité du combat d'avants, entre initiés du coup de casque, le pilar malaxe, tord, tape du buffet et fait de son corps un rempart ou un tapis de sol. La satisfaction du demi de mêlée qui récupère une balle propre, ou celle du sauteur en touche qui gagne un ballon au bout de l'ascenseur sont les récompenses du pilier, l'indispensable partenaire.

Ces hommes forts pourraient finalement n'être que de gros nounours généreux si leur obsession sur le terrain n'était pas d'anéantir leurs adversaires ! Plus que pour tous les autres joueurs, le match du pilier est un duel. Il va rentrer en mêlée de toutes ses forces, viser si possible la tête du vis-à-vis, chercher le meilleur angle de poussée pour le contraindre à reculer, ne pas se raser pour mettre le feu à ses joues, le dévorer des yeux jusqu'à ce que des étoiles lui obstruent la vue...

Pas de plus doux hommage pour un pilier que le couinement de son adversaire, qu'un rognon qui grince à l'impact, qu'un remplaçant forcé de rentrer en jeu à la place de sa victime. C'est dur, très dur de jouer pilier.
Pendant longtemps, les piliers ne furent que des hommes de mêlées. Comme si ce compartiment du jeu ne tolérait pas la moindre dispersion. Garuet, Cholley ou Dospital passèrent ainsi des carrières entières sans toucher la balle ni véritablement participer au jeu de mouvement. Ce temps là est révolu, et les piliers modernes sont des acteurs de plus en plus sollicités dans le jeu. Califano, de Villiers ou Tournaire se déplacent comme des troisième ligne, chopent des ballons plein champ et savent ajuster une passe si les intervalles s'ouvrent au large. Cali, le plus grand pilier de la dernière décennie, marqua même un jour trois essais au cours d'un match contre la Roumanie ! De quoi faire perdre la tête à Alfred Roques, le pépé du Quercy !

Jouer pilier, c'est depuis toujours appartenir à un clan au sein de la famille des rugbymen. On entre dans ce poste comme dans les ordres, pour s'y construire, apprendre et donner. Les gens du clan se vouent un respect immense, même si sur le terrain aucun ne ferait de cadeau à son meilleur ami. Les piliers ont leurs mots, leur humour et, plus que tout, leurs mystères. Nous, les gens d'Ovalie, les aimons d'amour.

Voir : CASQUE, CHARBON, FRACHAN, MAUL, MÊLÉE, TALONNEUR, PILAR.

 

Quand les « petits » poussent, il se dégage quelque chose d’extraordinaire, je dirai même quelque chose de magique ! Quelque chose qui me rappelle un accouchement. Vous l’aurez compris, je vais vous parler des hommes un peu « rondelets », aux poignées d’amour, ceux qui ne plaisent pas forcément aux filles, ceux qui ne ressemblent pas vraiment à Fred Michalak ou Vincent Clerc.

Sylvain MarconnetLes piliers ou les pilards, comme on les appelle dans le métier, sont des hommes de l’ombre, des  joueurs dont l’un des principaux boulots reste de ne pas… toucher le ballon ! Quand on est poutre de mêlée, il ne faut pas avoir peur. Pas peur des coups, des chocs et surtout peur de mettre la tête dans le tas pour déblayer. Présents sans jamais être vus, ils sont là partout dans les mauls, les mêlées et bien sur sous les shorts boueux des troisièmes lignes en touche. Le « pilard » a un art du jeu aiguisé, il sait faire pivoter les mêlées et quand il se positionne pour la rugueuse entrée, l’adversaire doit  sentir un frisson courir sur son échine. Je pourrais vous parler des heures de mon poste préféré, mais je préfère laisser la place au pilard le plus capé de l'histoire du rugby français : Sylvain Marconnet.
 
« A droite il y a le poste de pilier tel que je l’entends »

« Le pilier est l’un des postes qui à le plus évolué depuis le professionnalisme, mais la base du métier reste la même. L’essence du poste est d’avancer et de faire souffrir l’adversaire. Jouer pilier droit ou pilier gauche nécessite une adaptation technique qui n’est pas forcément évidente. À gauche, on ne pousse que sur un adversaire. A droite, on pousse sur deux joueurs et on subit deux poussées différentes. Le pilier droit est plus pris dans la mêlée. Il cale. Il est là, le poste de pilier tel que je l’entends. À gauche c’est moins exigeant,  il y aura en revanche plus de course. Le pilier a la caractéristique d’être discret. L’exposition médiatique, le strass, les paillettes, ce n’est pas son truc et ça ne me pose aucun problème. On aime souffrir 80 minutes, se retrouver ensemble entre pilard pour partager un verre et cela suffit à notre bonheur.

XV Rugby


Une fois dans la mêlée, on ressent des poussées, de 700kg derrière et 800 kg devant. On reçoit toutes les pressions dans le dos, entre les épaules et les fesses. Pendant la mêlée on entend le son des gars qui se rentrent dedans, on s’y habitue. On ne sait pas toujours où se trouve le ballon, on ne sait surtout pas vers où on doit avancer. Les secondes avant l’impact ont beaucoup d’importance. Les regards se croisent, on cherche celui de l’adversaire. On sent quand on intimide. »

 Quand vous assisterez à un match de rugby vous regarderez ces Kamikazes, je pense, d’un autre œil.Ces hommes au dos comme une cathédrale, au visage poupin ou trop marqué par l’effort. Ceux qui demandent à table le pain, le fromage où le vin, et que l’on entend très peu. Enfin, ces rugbymen d’aujourd’hui et d’hier qui font et on fait de moi la passionnée de rugby que je suis.

 

 



Article ajouté le 2008-01-12 , consulté 69 fois

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